Le faux self : quand tu joues un rôle pour être accepté
Introduction
As-tu déjà eu la sensation de ne pas être totalement toi-même avec certaines personnes ?
De modifier ta façon de parler ?
De cacher certaines émotions ?
De dire oui alors qu'une partie de toi pense non ?
Ou de te demander :
"Est-ce que les autres apprécient vraiment qui je suis...ou l'image que je leur montre ?"
Nous avons tous une part d'adaptation sociale.
C'est normal.
Nous ne parlons pas de la même manière avec ami, un collègue ou un inconnu.
Mais de temps à autre, cette adaptation va plus loin.
Elle devient une façon de fonctionner presque permanente : se conformer, répondre aux attentes, éviter de déranger...jusqu'à perdre progressivement le contact avec ses propres besoins.
C'est ce que certains psychologues décrivent avec la notion de faux self.
Le faux self : une protection avant d'être un problème
Le terme faux self vient notamment des travaux du psychanalyste Donald Winnicott.
L'idée derrière cette théorie n'est pas que la personne "fait semblant" volontairement. Le faux self peut plutôt être compris comme une adaptation à un environnent.
Au bout d'un certain moment la personne a appris : "Pour être accepté, aimé ou en sécurité, je dois m'adapter."
Cela peut donner naissance à des comportements comme :
- cacher ses émotions,
- minimiser ses besoins,
- éviter de contrarier,
- chercher à être irréprochable.
Au départ, cette stratégie peut protéger la relation, en revanche, sur le long terme, elle peut créer un décalage entre :" ce que je ressent intérieurement" et "ce que je montre aux autres".
Pourquoi avons-nous parfois peur d'être réellement nous-mêmes?
L'être humain est un animal profondément social.
Notre cerveau accorde une importance énorme à l'appartenance au groupe.
Être exclu ou rejeté peut être vécu comme une menace. Alors, inconsciemment, nous pouvons développer des stratégies pour maintenir le lien.
Par exemple :
"Si je montre mes faiblesses, on risque de partir".
"Si je dis ce que je penses, je vais créer un conflit."
"Si je ne suis pas agréable, je ne serai pas apprécié."
Le problème n'est pas de vouloir créer des relations harmonieuses mais plutôt lorsqu'il apparait que l'acceptation des autres devient plus importante que notre propre authenticité.
Le lien avec le "people pleasing" : quand plaire devient une identité
Le "people pleasing" c'est littéralement faire plaisir aux autres au détriment de soi. En somme on pourrait dire que c'est le fait d’être trop gentil.
Le faux self se nourrit de cela.
La personne devient très attentive :
- aux réactions des autres,
- aux attentes implicites,
- aux changements d'humeur.
Elle peut devenir excellente pour comprendre les autres...au détriment d’être connectée à elle-même.
Une question intéressante à se poser :
"Est-ce que je fais ce choix parce qu'il me correspond...ou parce que j'ai peur de décevoir ?"
Cette différence change beaucoup de choses.
Le rôle du système nerveux : quand s'adapter devient automatique
Ce fonctionnement n'est pas seulement une question de volonté.
Nos expériences influencent notre manière de réagir.
Notre système nerveux apprend ce qui semble sécurisant.
Si, dans certaines situations, être discret, agréable au adaptable a permis de préserver le lien, le cerveau peut continuer à utiliser cette stratégie. Même lorsque le contexte a changé.
La personne peut alors avoir une réaction automatique : éviter le conflit, se conformer, se couper de ce qu'elle ressent, etc...
Non pas parce qu'elle est faible mais plutôt parce qu'une ancienne stratégie de protection continue de fonctionner.
Le paradoxe : être aimé pour un rôle qui n'est pas totalement soi
C'est l'un des aspects les plus douloureux du faux self.
Une personne peut être entourée... et pourtant ressentir une forme de solitude.
Pourquoi ?
Parce qu'une question peut arriver à notre esprit :
"Est-ce que les gens connaissent vraiment qui je suis ?"
Le soucis n'est pas d'avoir plusieurs selfs, nous sommes tous différents selon les contextes.
La difficulté est lorsque le personnage devient tellement important qu'il ne reste plus assez de place pour soi.
Comment retrouver plus d'authenticité sans tout bousculer
Retrouver un fonctionnement plus authentique ne veut pas dire :
- dire tout ce que l'on pense sans filtre,
- rejeter toute adaptation sociale,
- devenir centré uniquement sur soi.
Le but ici est plutôt de retrouver un équilibre.
Quelques pistes de réflexion :
1. Observer ses automatismes
Quand est-ce que je me retiens ?
Quand est-ce que je joue un rôle ?
2. Revenir à ses propres signaux internes
Qu'est-ce que je ressens dans mon corps ?
Où cela se situe ?
Qu'est-ce qui me convient réellement ?
3. Apprendre à supporter l'inconfort du désaccord
Être authentique implique parfois que quelqu'un ne soit pas d'accord. Et cela ne signifie pas forcement perdre la relation.
Être authentique c'est être aimé pour ce qu'on est et l'assumé mais c'est aussi accepté d'être malaimé pour cette même raison. Toujours en posant des limites tout en gardant l'ouverture du dialogue, le but n'étant pas de dire "je suis comme ça que cela plaise ou non", dans ce cas, cela serait de l'arrogance.
4. Construire des relations où l'on peut exister
Les relations équilibrées ne demandent pas une performance permanente. Elles permettent d'être humain.
Conclusion
Le faux self n'est pas un défaut de personnalité, c'est souvent une adaptation qui a eu une utilité à un moment donné.
En revanche, une stratégie qui nous a protégé hier peut parfois nous limiter aujourd'hui.
Le véritable objectif n'est pas de supprimer toutes nos adaptations.
C'est de retrouver la liberté de choisir :
"Est-ce que je m'adapte parce qu cela me ressemble...ou parce que j'ai peur de déplaire et d'être potentiellement rejeté ?"
Une relation saine ne se construit pas uniquement autour de l'image que nous montrons.
Elle se construit aussi autour de la possibilité d'être réellement rencontré.
si cela te parle, on peut travailler ensemble à déterminer quand tu t'efface dans les relations.



