Pourquoi se compare t-on autant aux autres ?

Introduction 

Il suffit parfois de quelques secondes sur les réseaux sociaux pour avoir l'impression que tout le monde avance plus vite que nous.

L'un vient de créer son entreprise. L'autre vient d'acheter une maison. 

Une autre personne semble avoir une vie de couple épanouie. Quelqu'un voyage, réussit professionnellement, fait du sport, semble heureux...

Et puis, sans vraiment s'en rendre compte, une pensée arrive : 

"Et moi, j'en suis où ?" 

​​​​​​​La comparaison peut alors devenir inconfortable. 

On regarde ce que les autres ont accompli et on mesure ce que nous n'avons pas encore fait. On regarde leur confiance et on doute de la nôtre. On regarde leur réussite et on questionne la nôtre.

On entend souvent qu'il faudrait simplement arrêter de se comparer aux autres.

Mais est-ce vraiment aussi simple ?

Et surtout, pourquoi avons-nous autant tendance à le faire ?

Se comparer est aussi une façon de se situer 

La comparaison avec les autres n'est pas forcement un défaut ou un manque de confiance en soi. 

Nous avons besoin de repères pour comprendre où nous nous situons. 

Dans de nombreuses situations, nous observons les autres pour savoir ce qui est considéré comme normal, possible ou attendu. 

Est-ce que je travaille suffisamment ?

Est-ce que ma relation fonctionne "normalement" ? 

Est-ce que je suis en retard dans ma vie professionnelle?

Est-ce que je prends les bonnes décisions ?

​​​​​​​Les autres deviennent alors une sorte de miroir. La comparaison peut donc avoir une fonction utile :

elle nous donne des informations sur nous-mêmes. 

Cela devient problématique lorsque ce miroir devient un tribunal.

Quand la comparaison devient une mesure de notre valeur 

Il y a une différence entre :

"Cette personne a réussi quelque chose que j'aimerais réussir." 

et

"Cette personne a réussi, donc je suis moins capable qu'elle." 

Dans le premier cas, la comparaison peut nous renseigner voir nous inspirer. 

Dans le second, elle devient une manière de juger notre valeur personnelle.

Et c'est là que la comparaison peut devenir douloureuse parce qu'on ne compare plus seulement deux situations. 

On compare deux personnes... et on finit par hiérarchiser leur valeur. 

L'autre réussit ? Je serais donc moins bon. 

L'autre semble heureux ? Je dois avoir un problème.

L'autre suit la méthode et y arrive. Moi non, donc je suis le problème.

Mais cette conclusion repose souvent sur une erreur : ​​​​​​​nous transformons une différence de situation en différence de valeur personnelle. 

Nous comparons souvent notre réalité à la vitrine des autres 

C'est particulièrement visible avec les réseaux sociaux.

Nous voyons le voyage, mais rarement les difficultés financières qui l'ont précédé. 

Ou même les sacrifices au détriment de sa vie personnelle par exemple. Ces mêmes sacrifices qui peuvent être très délétères pour la relation qu'on entretient avec ses proches, ses enfants ou son/sa conjoint(e). 

Nous voyons la réussite professionnelle, mais rarement les années de travail, les échecs, les opportunités ou les rencontres qui ont permis cette réussite. 

Nous voyons le couple heureux, mais pas nécessairement les conflits, les doutes ou les périodes difficiles. 

Nous voyons donc une partie de la réalité. Et nous la comparons à l'intégralité de la notre. 

C'est un peu comme si nous comparions les meilleures pages du livre de quelqu'un avec tous les chapitres du nôtre.

​​​​​​​La comparaison devient alors forcément déséquilibrée.

"Quand on veut, on peut" : une phrase qui peut faire beaucoup de dégât... Je déteste cette phrase. Car si elle n'est pas nuancée elle peut laisser penser que je dois faire des heures en plus, sacrifier encore du temps que j'aurais pu passer avec mes proches ou bien juste des moments à ne rien faire pour me reposer vraiment.

Le soucis devient encore plus important lorsque la réussite est présentée uniquement comme le résultat de la volonté. 

"Si tu veux, tu peux."

"Il suffit de travailler dur."

"Crois en toi et ça fonctionnera." 

Ces phrases peuvent être motivantes mais elles peuvent aussi avoir un effet pervers. 

Parce que si quelqu'un réussit et que je n'y arrive pas malgré mes efforts, je peux finir par penser :

​​​​​​​"C'est donc que je n'ai pas suffisamment voulu."

Puis :

"Je n'ai pas assez travaillé." 

Puis : 

"Je n'ai pas assez cru en moi."

La comparaison produit alors une double peine. 

Je n'obtiens pas le résultat que je souhaites... et je culpabilise de ne pas l'obtenir. 

Pourtant, deux personnes peuvent fournir énormément d'efforts et obtenir des résultats très différents parce que l'effort n'est pas le seul facteur.

Le contexte compte. Les ressources disponibles comptent aussi. 

Les opportunités, les rencontres et le moment comptent eux aussi.

Et parfois même il y a ne part de hasard lié à autre chose.

Reconnaitre cela ne signifie pas que nous sommes impuissants.

Cela veut dire que ​​​​​​​nous ne contrôlons pas tout. 

Alors, faut-il arrêter de se comparer ? 

Pas forcément.

Et c'est peut-être là que se trouve une première nuance importante. 

"Je me compare" n'est pas obligatoirement un problème, c'est plutôt "Qu'est-ce que je fais de cette comparaison ?"

Prenons deux situations. 

Je regarde quelqu'un qui développe son entreprise et je me dis : 

"Qu'est-ce que je pourrais apprendre de son parcours ?" 

La comparaison devient une source d'information inspirante et limité au niveau de l'impacte. 

Mais si je me dis : 

"Il réussit et pas moi. Je suis nul. Je n'y arriverai jamais."

La comparaison devient une source de dévalorisation et impactant mon estime de moi. Et les dégâts peuvent être dévastateurs !

Dans les deux cas, le point de départ est identique. C'est l'interprétation que j'en fais qui va changer. 

Comparer intelligemment plutôt que comparer pour se juger 

Une comparaison peut devenir intéressante si elle nous permet de poser de meilleures questions.

Au lieu de se dire : 

" Pourquoi cette personne y arrive et pas moi ?"

On peut essayer : 

"Qu'est-ce qui explique sa situation ?"

"Qu'est-ce qui est réellement comparable entre elle et moi ?"

​​​​​​​"Quelles conditions a-t-elle réunies ?" 

"Qu'est-ce que je peux apprendre de son expérience ?"

"Est-ce que je veux réellement ce qu'elle a ?"

​​​​​​​Cette dernière question est particulièrement importante parce que nous pouvons passer beaucoup de temps à nous sentir en retard par rapport à des objectifs que nous n'avons parfois même pas choisis.

La réussite est est parfois plus dictée par notre entourage, la société ou les réseaux sociaux. 

Mais une fois obtenue, serait-elle réellement satisfaisante pour nous ? 

Et si nous étions moins en retard que nous le pensons ? 

Il y aussi ce dont on parle moins voir même jamais : les lignes d'arrivées imaginaires. 

A 25 ans, je devrais avoir fait ceci.

A 30 ans, je devrais avoir cela. 

A 40 ans, je devrais être arrivé là. 

Mais... qui a décidé de cette chronologie?

Suis-je nul si je n'ai pas coché(e) toutes les cases ?

​​​​​​​Les parcours de chacun est différent. 

Certains commencent tôt, d'autres construisent quelque chose lentement.

Certains ont besoin de plusieurs essais avant de trouver ce qui leur correspond.

Un parcours différent n'est pas nécessairement un parcours raté. 

​​​​​​​Et surtout, aller moins vite que quelqu'un d'autre ne signifie pas forcément que l'on va moins loin. 

La comparaison peut aussi nous empêcher de voir nos propres progrès 

Il y a un piège à la comparaison à l'excès. 

Se concentrer sur se qui nous manque en permanence et ne pas voir se qui est là.

Voir les autres qui sont "plus loin" on risque de ne plus regarder notre propre évolution.

Je peux avoir énormément progressé depuis cinq ans... et pourtant avoir l'impression de ne rien avoir accompli parce que je regarde quelqu'un qui est encore plus avancé. 

La comparaison vers le haut peut donc nous faire oublier une chose essentielle :

nous pouvons être à la fois en progression et encore insatisfaits.

Les deux ne sont pas incompatibles.

Il est donc préférable de se dire : 

"Est-ce que je progresse par rapport à la personne que j'étais ?"

au lieu de : 

"Est-ce que je suis aussi loin que les autres ?"

Voir plus clair plutôt que chercher à penser plus positif 

On pourrait répondre à tout cela par une injonction supplémentaire :

"Arrête de te comparer et pense positif !" 

Mais ce serait passer à côté du problème.

Le véritable enjeu n'est pas forcément de supprimer toute comparaison.

Juste de prendre en compte ce qu'elle nous dit sans la transformer automatiquement en jugement sur notre valeur. 

Quelque fois, la comparaison nous révèle une envie. 

D'autre fois, elle fait apparaître une frustration.

Ou bien elle révèle une croyance.

​​​​​​​Le pire, c'est que parfois elle met à jour simplement que nous poursuivons un objectif qui n'est peut-être pas réellement le nôtre.

Par moments, elle nous montre que nous avons besoin de changer quelque chose dans notre manière agir.

Le rôle d'un accompagnement n'est pas de se convaincre que tout va bien.

Il peut être de nous aider à regarder la situation avec suffisamment de recul pour comprendre ce qui dépend de nous, ce qui ne dépend pas de nous, ce que nous voulons réellement et quelles actions sont pertinentes.

Il y a une grosse différence entre :

​​​​​​​"Je dois faire comme lui." 

et :

"Qu'est-ce que cette comparaison m'apprend sur moi ?" 

Cette deuxième question ouvre le champ des possibles.

Conclusion 

Se comparer aux autres est humain. 

Nous avons besoin de repères, de modèles et parfois même de comparaison pour comprendre où nous nous situons. 

Mais la comparaison devient problématique quant elle cesse d'être une information pour devenir un jugement sur notre valeur.

Les autres peuvent nous inspirer sans devenir notre référence. 

Leur réussite peut nous apprendre quelque chose sans devenir la preuve de notre échec. 

Et surtout, leur parcours ne peut pas être entièrement utilisé pour juger le nôtre, parce que nous ne partons pas tous du même endroit et que nous ne contrôlons pas tous les mêmes paramètres.

Le but n'est pas de devenir meilleur que les autres. 

C'est peut-être simplement de mieux comprendre où l'on veut aller... et pourquoi.

Tu te compares souvent aux autres ? 

​​​​​​​Si tu as l'impression de toujours devoir faire plus, d'être en retard ou de ne jamais être suffisamment à la hauteur, un premier échange peut permettre de prendre du recul sur ce fonctionnement.

​​​​​​​Ma conception du coaching ne consiste à te dire de penser plus positif.

En revanche, je peux t'aider à comprendre tes mécanismes, clarifier ce qui compte vraiment pour toi et identifier des choix adaptés à ta situation.

Tu t'es reconnu dans cet article ? N'hésite pas à me contacter pour en discuter en cliquant en haut de la page. 

 


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