La difficulté de faire des choix... pourquoi est-ce si difficile ?

Introduction 

Tu as parfois l'impression qu'il suffirait de réfléchir un peu plus pour savoir quoi faire. 

Changer de travail ou rester ? Mettre fin à une relation ou essayer encore ? Accepter une opportunité ou prendre le risque de la laisser passer ? Se lancer dans un projet ou attendre d'être davantage prêt ? 

Certaines décisions semblent simples sur le papier. Pourtant, lorsqu'il s'agit de les prendre, tu peux passer des heures, des jours, voire des mois à peser le pour et le contre. 

Tu demandes des avis, imagine différents scénarios, cherche des informations supplémentaires et essayes d'anticiper les conséquences de chaque possibilité.

En revanche, plus tu réfléchis, moins tu as l'impression d'y voir clair. 

Dans cet article on va voir pourquoi c'est si difficile, tenter de déculpabiliser tout ça et des pistes pour faire des choix, je te promet pas que se sera simple mais on va le tenter !

Pourquoi est-il si difficile de faire un choix ?

Est-ce parce que tu ne sais pas ce que tu veux ? Parce que tu as peur de tromper ? Ou parce que tu cherches une certitude qui, dans certaines situations, n'existe tout simplement pas ?

Pour comprendre ce qui te bloques, il est utile de distinguer plusieurs mécanismes. 

Car toutes les décisions ne posent pas le même problème, et toutes ne peuvent pas être résolues en réfléchissant davantage. 

1. Le cerveau déteste l'incertitude 

Prendre une décision, c'est renoncer à certaines possibilités pour en privilégier une autre. 

Même lorsque tu choisis quelque chose qui t'attire, tu dois accepter de ne pas savoir exactement ce qui t'attends.

Le cerveau cherche naturellement à anticiper les conséquences de nos actions et à limiter les risques. Face à une décision importante, il peut donc multiplier les scénarios: Et si je regrettais ? Et si je faisais le mauvais choix ? Et si une meilleure possibilité se présentait plus tard ? 

​​​​​​​Cette anticipation peut être utile. Elle te permet d'évaluer les risques, de comparer les options et d'éviter certaines erreurs.

Ton cerveau fait cela parce que l'une de ces principales fonctions est de savoir quoi faire, je suis confronter à une situation et par rapport à cette situation il faut que je réponde par une action. 

​​​​​​​Le problème apparaît lorsque tu essayes d'éliminer toute incertitude avant d'agir. 

Obstacle majeur : tu peux rarement connaître à l'avancer toutes les conséquences d'une décision. Tu ne disposes pas de toutes les informations, les circonstances peuvent évoluer et les autres personnes ne réagissent pas toujours comme tu l'as prévu. 

Tu peux alors entrer dans une forme de boucle cornélienne: tu réfléchis pour être rassurés, mais chaque nouvelle réflexion fait apparaître une autre possibilité, un autre risque ou une nouvelle question. 

Tu cherches à atteindre une certitude qui te permettrait enfin d'avancer. 

Mais quelques fois, ce qui nous empêche de décider n'est pas un manque d'informations. C'est notre difficulté à accepter qu'il en manquera toujours une partie. 

2. La paralysie du choix : quand trop de possibilités t'empêche d'avancer 

Comme le disait l'oncle Ben dans spider-man : "un grand pouvoir implique de grandes responsabilités." 

Bon, d'accord on en est peut-être pas jusque là, quoique... 

Nous avons aujourd'hui accès à une quantité considérable de possibilités.

Tu peux changer de métier, te former, déménager, rencontrer de nouvelles personnes, créer une activité ou choisir parmi une multitude de produits, de services et de modes de vie. 

Cette liberté est précieuse. Pourtant, elle peut aussi rendre certaines décisions plus difficiles.

C'est ce que l'on appelle la paralysie du choix : face à un trop grand nombre d'options, tu peux éprouver davantage de difficultés à choisir et finir par ne plus agir. 

Chaque option implique une comparaison. Tu évalues les avantages et les inconvénients, mais aussi ce que tu risques de perdre en choisissant une possibilité plutôt qu'une autre. 

​​​​​​​Tu comprends maintenant la phrase de l'oncle Ben je pense... 

Ensuite, tu peux avoir l'impression qu'il existe quelque part une option idéale. Une meilleure relation, un travail plus épanouissant, une décision plus rentable ou un choix qui ne te fera rien regretter. 

Enfin, tu anticipes le jugement que tu porteras sur ta décision après coup. 

Si tu choisis une possibilité parmi dix, tu peux toujours te demander si l'une des neuf autres n'aurait pas été préférable.

Et même lorsque ton choix se passe bien, tu peux continuer à regarder ce que tu as laissé de côté.

Plus tu cherches le choix parfait, plus tu risques de rendre chaque choix insatisfaisant.

Il ne s'agit pas de dire que réfléchir est inutile ou qu'il faudrait décider à la légère. 
L'enjeu est plutôt de reconnaitre qu'à partir d'un certain point, comparer encore et encore ne t'aide plus nécessairement à décider. 

De temps à autres, il faut accepter de choisir une option suffisamment bonne, plutôt que de continuer à chercher celle qui serait parfaite. 

3. Tous les problèmes ne se résolvent pas de la même manière 

Voici une distinction qui me semble très importante ; certains problèmes sont se qu'on appelle mentalisables, tandis que d'autres ne le sont pas entièrement. 

Dans ce contexte, un problème mentalisable est problème que tu peux en grande partie examiner, formuler et traiter par la réflexion. Cela ne signifie pas qu'il est facile à résoudre, mais que tu peux identifier des éléments concrets pour avancer. 

Ce genre de choix notre cerveau arrive plutôt bien à les gérer. 

A l'inverse, un problème non mentalisable comporte une dimension émotionnelle, relationnelle ou existentielle qui ne peut pas être réglée uniquement par un raisonnement. 

Cette distinction n'est pas une classification absolue : un même problème peut comporter les deux dimensions. 

Les problèmes mentalisables : quand la réflexion peut t'aider 

Imaginons que tu hésites entre deux offres d'emploi. 

Tu peux comparer les salaires, les temps de trajet, les responsabilités, les perspectives d'évolution, les conditions de travail et les avantages de chaque poste. 

Tu peux établir des critères, recueillir les informations manquantes et hiérarchiser ce qui compte le plus pour toi. 

Dans ce cas, la réflexion peut vraiment faire avancer la décision. 

Il en va de même lorsqu'il s'agit de choisir un ordinateur, de comparer deux formations ou d'organiser un projet. 

Bien sûr, il peut rester des incertitudes mais une partie du problème peut être clarifiée en collectant les bonnes informations et en utilisant des critères pertinents. 

Le risque, ici, est de continuer à analyser alors que tu disposes déjà de suffisamment d'éléments pour choisir. 

Tu peux alors te poser une question simple :

Quelle information me manque réellement pour prendre cette décision ? 

Si tu es capables d'y répondre précisément, il est peut-être utile de poursuivre tes recherches. 

En revanche, si tu cherches simplement une information supplémentaire qui te garantirait de ne jamais regretter ton choix, tu risques de poursuivre une quête sans fin. 

Les problèmes non entièrement mentalisables : quand comprendre ne suffit pas

Prenons maintenant une autre situation.

Tu peux te dresser la liste des qualités et des défauts de ton partenaire, analyser vos difficultés de communication et réfléchir aux possibilités d'amélioration.

Mais cela ne suffira peut-être pas à répondre à la question. 

Car ton hésitation peut aussi être liée à la peur de la solitude, à l'attachement, à la culpabilité de faire souffrir l'autre, à l'espoir que la relation change ou à la difficulté de renoncer à la vie que vous aviez imaginée ensemble. 

Tu peux comprendre intellectuellement que cette relation ne te convient plus tout en éprouvant énormément de difficultés à partir.

A l'inverse, tu peux savoir que tu souhaites rester tout en ayant peur de t'engager davantage.

Dans ces situations, le problème ne se résume pas à déterminer quelle option présente le meilleur bilan. 

Il touche aussi à ce que tu ressens, à ce que tu redoutes, à ce que tu espères et à ce que cette décision représente pour toi. 

​​​​​​​On peut comprendre pourquoi une décision serait logique sans être émotionnellement prêt à la prendre. 

C'est ici que la réflexion peut montrer ses limites.

Nous pouvons analyser nos émotions, essayer de les comprendre et les mettre en perspective mais nous ne pouvons pas toujours les faire disparaître simplement parce que nous avons trouvé une explication tout à fait rationnelle. 

Il ne s'agit donc pas d'opposer la raison aux émotions. Les deux apportent des informations importantes.

La réflexion peut t'aider à comprendre une situation. Nos émotions sont des boussoles qui peuvent te renseigner sur ce qui compte pour toi, ce que tu crains ou ce que tu as du mal accepter.

L'enjeu majeur consiste à ne pas demander à la logique de résoudre, à elle seule, un conflit qui est aussi émotionnel.

​​​​​​​4. La peur de se tromper : et si tu cherchais surtout à éviter le regret ? 

C'est ici que les paroles du vieux Ben prennent tous leur sens. Avoir plusieurs choix implique aussi plus de responsabilités, j'ai plusieurs choix possible et si je ne fais pas le "bon" (si tenté qu'il existe...), je porte à moi seul la responsabilité d'avoir raté les autres possibilités disponibles.

Derrière de nombreuses hésitations se cache une peur : celle de prendre la mauvaise décision.

Tu peux avoir l'impression qu'un bon choix devrait te conduire vers un résultat satisfaisant, tandis qu'un mauvais choix t'exposerait à des conséquences que tu aurais pu éviter.

Cette manière de voir les choses te pousses parfois à vouloir prévoir tous les scénarios avant d'agir.

Pourtant, une décision ne se juge pas uniquement à partir de sons résultat.

Tu peux prendre une décision raisonnable avec les informations dont tu disposes, puis rencontrer des difficultés imprévisibles.

A contrario, tu peux faire un choix peu réfléchi et avoir de la chance. 

Le résultat ne suffit donc pas toujours à déterminer si ton raisonnement initial était pertinent. 

Il faut également accepter une autre réalité : choisir, c'est renoncer...

Quand tu acceptes un emploi, tu renonces peut-être à une autre opportunité.

​​​​​​​Quand tu t'engages dans une relation, tu renonces à certaines autres possibilités. Lorsque tu décides de rester, tu renonces parfois à explorer ce qui aurait pu se passer ailleurs. 

​​​​​​​Ce renoncement peut être inconfortable, car il te confronte à toutes les vies possibles que tu ne vivras pas.

Mais aucune décision ne permet d'expérimenter simultanément toutes les options. 

Tu peux regretter certains choix sans que cela transforme chaque erreur en preuve de ton incapacité à décider. 

Plutôt que de se dire : Comment être certain de ne jamais regretter ? 

Se dire : Comment prendre une décision que je peux assumer, même si je ne peux pas en garantir le résultat ? 

​​​​​​​On peut décider que finalement "choisir, c'est s'affirmer" et non pas "choisir, c'est renoncer". 

5. Comment avancer lorsque l'on n'arrive pas à décider ? 

Il n'existe pas de méthode universelle. En revanche, quelques questions peuvent aider à comprendre ce qui bloque vraiment. 

1. Quelle est la souffrance acceptable ?

Si je suis face à un choix compliqué choisir ses problèmes peut être une piste pour avoir moins de regret. 

Par exemple, si j'ai le choix entre deux partenaire, l'un est bienveillant mais radin l'autre est bienveillant également mais jaloux. Est-ce que je vais mieux réussir à vivre la personne un peu pingre ou la jalousie parfois excessive de l'autre partenaire ?

Ou encore je peux faire le choix de travailler dur, rentré tard, passer des week-ends parfois à travailler pour pouvoir payer de belles vacances cette été pour mes enfants ou au contraire rentré plus tôt, gagner potentiellement moins et les voir tous les soirs pour les embrasser avant le coucher. 

Choisir ses problèmes que je n'ai pas envie d'avoir mais qui vont forcement découler d'un choix me semble une bonne piste à explorer. 

2. Est-ce que je manque d'informations ou est-ce que je cherche à être certain ? 

Si une information concrète peut changer ta décision, prends le temps de chercher. 

Si tu as déjà suffisamment d'éléments et que tu attends une garantie absolue, il peut être utile de reconnaître que cette garantie n'existe peut-être pas.

Parfois trop d'informations ça noie le poisson plutôt qu'autre chose. 

3. Est-ce un problème à analyser ou un conflit à comprendre ?

Si ton hésitation concerne des critères concrets, tu peux les comparer et les hiérarchiser. 

Si elle implique de la culpabilité, de la peur, de l'attachement ou des valeurs contradictoires, prends aussi le temps d'explorer ces dimensions. 

Demande-toi ce que chaque option représente pour toi, ce qu'elle te permettrait de préserver et ce qu'elle t'obligerait à accepter. 

4. Est-ce que je cherche la meilleur option ou une option sans risque ?

Ces deux buts sont différents.

Tu peux rechercher une option cohérente avec tes priorités, tout en acceptant qu'elle comporte des inconvénients.

Vouloir éliminer tous les risques peut te conduire à renoncer à des possibilités qui comptent réellement pour toi. 

​​​​​​​Vouloir éliminer tous risques c'est aussi beaucoup d'énergie dépenser pour un effet quasi nul. 

5. Puis-je tester mon choix avant de m'engager définitivement ?

Certaines décisions peuvent être abordées progressivement.

​​​​​​​Tu peux tester une activité avant une reconversion complète, discuter d'un problème relationnel avant de prendre une décision définitive ou expérimenter une nouvelle organisation pendant quelques semaines. 

Quand cela est possible, une petite expérience concrète peut apporter davantage d'informations que de longues heures de réflexion. 

6. Si je ne pouvais pas obtenir de certitude absolue, sur quoi pourrais-je m'appuyer pour choisir ?

​​​​​​​Cette question invite à revenir à tes critères, à tes valeurs et à ce que tu es prêt à assumer. 

Elle ne supprime pas le doute. Elle permet simplement de ne plus attendre que le doute disparaisse entièrement pour avancer. 

7. Ne pas oublier que le désengagement reste toujours possible...

​​​​​​​Ce point est très important. 

Bien souvent nous avons du mal à prendre des décisions car nous avons l'impression qu'une fois le choix fait, le désengagement n'est plus possible. 

Alors que les choix qui impactent toute une vie sont assez rare. 

Garde en tête que faire un choix n'implique pas que les portes sur un autre choix se ferment pour toujours. 

Conclusion : prendre une décision, c'est aussi accepter une part d'incertitude 

Nous avons parfois tendance à croire que si nous n'arrivons pas à décider, c'est que nous n'avons pas assez réfléchi. Mais ce n'est pas toujours le cas. 

Nous pouvons être confrontés à un manque d'informations, à une multitude de possibilités ou à un conflit entre plusieurs envies, besoins ou peurs. 

Certains problèmes gagnent à être analysés. D'autres demandent surtout que nous comprenons ce qui se joue émotionnellement pour nous. 

Et bien souvent, une même décision mêle ces différentes dimensions.

Il ne s'agit ni de réfléchir moins, ni de suivre aveuglément ses émotions. Il s'agit de comprendre ce que la situation exige vraiment de nous. 

Quelques fois, nous avons besoin d'informations supplémentaires, parfois nous devons clarifier nos priorités. Et d'autres fois, nous devons accepter qu'aucune réflexion ne nous donnera la certitude que tout se passera comme prévu. 

​​​​​​​Le soucis n'est pas toujours de faire un choix. C'est de croire qu'il doit être parfait. 

Prendre une décision ne signifie pas être certain de ne pas se tromper.  Cela signifie avancer à partir des éléments dont nous disposons, en tenant compte de ce qui compte pour nous, tout en acceptant que nous ne contrôlons pas tout.

Et si nous nous trompons, nous pouvons encore apprendre, ajuster notre trajectoire ou prendre une autre décisions. 

"Ce qui n'est pas possible, c'est de ne pas choisir. Je peux toujours choisir, mais je dois savoir que si je ne choisis pas, je choisis encore." Jean-Paul Sartre

 

Tu te reconnais dans cette difficulté à choisir, dans le besoin de tout analyser ou dans la peur de regretter ? 

Un premier échange peut permettre de mieux comprendre ce qui bloque : un manque de clarté, une peur difficile à dépasser ou un conflit entre plusieurs besoins. 

L'objectif n'est pas de décider à ta place, mais de t'aider à y voir plus clair pour pouvoir avancer.

 

 

 

 

 

 

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