Pourquoi le temps passe-t-il plus vite en vieillissant ?
Introduction
As-tu déjà eu cette impression que les années passent de plus en plus vite ?
Quand nous étions enfants, les vacances d'été semblaient interminables. Aujourd'hui, nous avons parfois le sentiment que noël revient à peine quelques semaines après les vacances.
Pourtant, une minute reste une minute ça ne change pas sa durée.
Ce n'est donc pas le temps qui accélère.
C'est notre perception de celui-ci qui évolue.
Contrairement à une idée reçue, cette impression ne signifie pas que notre cerveau "fonctionne moins bien" en vieillissant. Elle est surtout liée à la façon dont nous construisons nos souvenirs, à la place que prend la routine dans notre quotidien et à la manière dont notre cerveau traite les nouveautés.
Pourquoi notre perception du temps change-t-elle ?
Notre cerveau ne mesure pas le temps comme une horloge
Là il faut distinguer deux choses : la première c'est que notre société découpe le temps de façon linéaire ( jours, semaines, mois, années...), la deuxième c'est que notre corps et notre cerveau fonctionne sous des règles biologiques et systémique. Cela veut dire que nous percevons le temps de façon beaucoup plus subjective.
Cette sensation que le temps passe vite dépend notamment de ce que nous vivons, de notre niveau d'attention et des souvenirs que nous créons.
Autrement dit, nous n'avons pas l'impression que le temps passe vite parce que les journées sont plus courtes.
Nous avons cette impression parce que notre cerveau les enregistre différemment.
La nouveauté ralentit le temps...dans nos souvenirs
Lorsque nous découvrons un nouvel environnement, un nouveau métier, une nouvelle activité ou un nouveau pays, notre cerveau est très sollicité.
Il doit observer davantage, apprendre, s'adapter.
Toutes ces informations créent des souvenirs riches en détails.
C'est la raison pour laquelle une semaine de vacances dans un lieu inconnu semble parfois beaucoup plus longue, une fois terminée, qu'une semaine de routine.
A l'inverse, lorsque les journées se ressemblent, notre cerveau enregistre moins d'éléments nouveaux.
Avec moins de repères en mémoire, nous avons ensuite l'impression que cette période est passée très rapidement.
Par exemple une année pour un enfant de 5 ans représente 20% de sa vie, mais seulement 2% dans la vie d'un adulte de 50 ans.
Selon certains chercheurs des états neuronaux plus long pourraient aussi expliquer la perception du temps chez l'adulte passé un certain âge. Le cerveau enregistre moins de nouvelles images et la routine agit comme une compression du temps.
La routine n'est pas un problème...mais elle influence notre perception
On va tordre le cou à une idée reçue tout de suite : non la routine n'est pas un problème. Sachant que pour évolué et osé de nouvelles choses notre belle organe cérébrale a besoin de sécurité, et la routine, les habitudes participent à cette sécurité.
La routine permet à notre cerveau d'économiser de l'énergie en automatisant de nombreuses tâches du quotidien aussi.
Le problème n'est donc pas la routine elle-même, c'est lorsqu'elle occupe toute la place.
Plus nos journées deviennent prévisibles, moins elles laissent de traces distinctes dans notre mémoire.
Nous avons donc l'impression que le temps "file".
Notre attention joue un rôle cruciale
Nous ne vivons pas seulement avec le temps. Nous vivons avec l'attention que nous lui accordons.
Lorsque nous sommes constamment sollicités par les notifications, les écrans ou plusieurs tâches à la fois, notre attention est fragmentée. C'est aussi se qu'on appelle le "multistasking".
Nous avons de temps à temps le sentiment d'avoir été occupés toute la journée...sans vraiment savoir ce que nous avons vécu.
A contrario, certains moments simples ; une promenade, une conversation profonde, un repas partagé, mobilisent davantage notre attention et deviennent plus présents dans notre mémoire.
Le paradoxe du temps gagné : pourquoi avons-nous toujours l'impression d'en manquer
Nous cherchons souvent à gagner du temps.
Les lave-vaisselle nous évitent de faire la vaisselle à la main.
Les aspirateurs robots nettoient pendant que nous faisons autre chose.
Les e-mails arrivent en quelques secondes.
Les courses peuvent être livrées à domicile ou être récupérées en drive.
En théorie, nous devrions donc disposer de plus de temps qu'il y a cinquante ans.
Pourtant, beaucoup ont le sentiment inverse.
Comme si chaque minute gagnée était immédiatement réinvestie ailleurs.
Nous répondons à plus de messages. Nous acceptons davantage de sollicitations. Nous ajoutons une nouvelle tâche à notre journée.
Le temps libéré disparait presque aussitôt.
Le manque de temps n'est peut-être pas le problème.
C'est aussi notre tendance à considérer chaque espace disponible comme une opportunité de faire plus.
Finalement, c'est comme si on se préparait à être esclave du temps puisque en gagner ne garantit pas d'avoir plus de temps. C'est comme mettre une pièce dans une machine à sou où je nourris ma propre perte de temps.
Ce temps (soi disant) gagné peut simplement nous permettre...d'en faire plus et peut-être me fatiguer plus.
Peut-être que le véritable luxe aujourd'hui n'est plus de gagner du temps, mais de choisir de ne pas le remplir systématiquement.
Faut-il multiplier les expériences pour ralentir le temps
On pourrait croire que la solution consiste à vivre toujours plus d'expériences extraordinaires.
En réalité, ce n'est pas forcément la quantité qui compte. C'est la qualité de notre présence.
On a tous vu ces photos ou vidéos de personnes qui filment un concert plutôt que de le vivre, ou le feu d'artifice qu'on regarde à travers son téléphone.
La photo de Lebron James avec tous les flashs qui prennent ce moment mémorable d'un point décisif...sauf le patron de la marque à la virgule, Phil Knight, qui regarde cet instant en le vivant pleinement.
Je prends ici des exemples très marquants mais cela peut-être des moments plus simples.
Prendre un chemin différent pour rentrer chez moi, découvrir une activité, observer et contempler son environnement ou bien rencontrer une nouvelle personne.
Toutes ces petites nouveautés enrichissent notre mémoire et donnent encore plus de relief au temps qui passe.
Il ne s'agit pas de remplir son agenda. Il s'agit parfois simplement de sortir, un instant, du pilote automatique.
Contrôler le temps : une fausse bonne idée
Nous cherchons souvent des astuces pour "ralentir le temps" mais ce n'est probablement pas le bon objectif.
Le temps continuera de passer à la même vitesse.
En revanche, notre manière de l'habiter peut évoluer.
Chercher à vivre plus le moment présent ne signifie pas profiter de chaque seconde de manière parfaite.
Cela signifie simplement être un peu plus disponible à ce que l'on vit, plutôt que de traverser ses journées sans vraiment les remarquer.
Conclusion
Si le temps semble parfois accélérer avec l'âge, ce n'est pas parce qu'il change.
C'est parce que notre cerveau construit différemment le souvenir des expériences que nous vivons.
La nouveauté, l'attention et la richesse de nos expériences façonnent notre perception bien plus que le calendrier.
Et si le problème n'était pas seulement que le temps passe vite...mais que nous ayons pris l'habitude de remplir chaque minute disponible?
Et si, aujourd'hui, ralentir ne consistait pas à arrêter le temps mais plutôt simplement à accepter de ne pas occuper tout le temps que nous avons...
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Les articles permettent de mieux comprendre certains mécanismes, mais ils ne remplacent jamais une réflexion centrée sur notre propre histoire.
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